Information du : 05/02/2026
Cycle répertoire Sidney Lumet
Notre dernier cycle répertoire de la saison 2025/2026 sera consacré au grand Sidney Lumet, réalisateur majeur du cinéma américain de la fin des années 50 au début des années 2000 malheureusement encore trop peu identifié comme tel. On essaye de réparer cette flagrante injustice en vous présentant quatre de ses plus belles réalisations !
Né en 1924, Sidney Lumet grandit dans un Manhattan frappé de plein fouet par la Grande Dépression. Il débute dès l'âge de quatre ans comme acteur à la radio puis au théâtre pour aider financièrement ses parents, acteurs et auteurs sans-le-sou. A vingt-trois ans, il fonde un atelier d'acteurs à Broadway puis, grâce à son ami Yul Brynner, rentre à la télévision en 1950. Il démarre en même temps que Robert Mulligan et Arthur Penn comme assistant réalisateur puis réalisateur, faisant ses armes sur les séries Danger et You Are There. Il réalise à tour de bras des tournages en direct (il en fera près de 400 durant sa carrière), devenant à partir de 1953 l'un des réalisateurs les plus réputés de la TV. Il réalise son premier long métrage de cinéma, 12 hommes en colère, en 1957.
Lorsque Lumet passe au grand écran, son passé télévisuel lui vaudra longtemps d'être considéré comme un cinéaste mineur, un "bon artisan". On pointera également du doigt sa mise en scène jugée souvent très "théâtrale", statique. Sidney Lumet n'est pas quelqu'un pour qui le style compte, il préfère penser sa mise en scène en fonction du film, du sujet, quitte à s'effacer très souvent devant des acteurs pour qui il a une évidente passion. En outre Lumet, en conservant le rythme stakhanoviste qui était le sien à la télévision (il réalise à peu près un film par an pendant les trois décennies courant de 1960 à 1990), propose une filmographie faite de hauts (Le Prince de New York, Un après-midi de chien, Le Groupe, Serpico, The Offence, Network...) mais aussi de bas (L'Avocat du diable, un remake inutile de Gloria...), ce qui a contribué à renforcer l'idée qu'il n'était qu'un bon exécutant. C'est que Lumet est, comme John Ford, un cinéaste qui a besoin de tourner tout le temps pour apprendre, qui a besoin de l'énergie du tournage pour avancer.
Le fait de tourner beaucoup, de ne pas s'appuyer sur un style immédiatement identifiable, de passer d'un genre à un autre et de signer quelques films vraiment mineurs l'a donc longtemps empêché d'acquérir un véritable statut d'auteur. On peut pourtant sans peine, de son premier long métrage à son dernier (7h58 ce samedi-là en 2007), dégager d'évidentes lignes thématiques, identifier sa mise en scène à la fois discrète et marquée par de constantes expériences formelles et narratives, et surtout noter un regard cohérent et durable sur le monde et la société. En cinquante ans de carrière, Sidney Lumet, et ce même s'il n'a jamais été considéré par la critique à sa juste valeur, aura su s'imposer comme un passionnant analyste des institutions américaines (il a filmé la police, la justice - aussi bien du point de vue de l'accusation que de la défense, du juré que du prévenu - la télévision, le monde de la communication, la politique, la santé...), comme l'un des plus grands portraitistes de New York, comme un cinéaste farouchement indépendant (il aura fait toute sa carrière loin de Hollywood, à New York ou régulièrement en Angleterre), un cinéaste qui toujours a en ligne de mire la question de l'humain. Pour toutes ces raisons, il restera comme l'un des plus grands réalisateurs américains de sa génération.
La preuve en 4 films !
12 HOMMES EN COLÈRE
Etats-Unis – 1957 – 97 mns
avec Henry Fonda, Lee J. Cobb et Martin Balsam
À l'issue d'une audience au palais de justice de New York, douze hommes sont amenés à statuer sur le sort d'un jeune homme accusé du meurtre de son père. Il encourt pour cet acte la peine de mort. Le verdict des jurés doit être rendu sous une seule condition : être pris à l'unanimité, en se fondant sur leur intime conviction. Sur la base du texte de sa pièce Douze hommes en colère, Reginald Rose propose à Sidney Lumet, jeune réalisateur s'étant fait un nom à la télévision américaine, de réaliser son premier film pour le cinéma. S'appuyant avec intelligence sur les contraintes du texte original — huis clos, abondance des dialogues, action réduite à son minimum — ainsi que sur un casting exceptionnel emmené par Henry Fonda, Sidney Lumet fait de ce premier film un coup de maître, une réflexion brûlante et acérée sur la notion de vérité, l'exercice de la justice et les fondements du débat démocratique qui est devenue, au fil des ans, un classique de l'histoire du cinéma.
UN APRÈS-MIDI DE CHIEN
Etats-Unis – 1976 – 2h10
avec Al Pacino, John Cazale et James Broderick
Par un chaud après-midi d'août 1972, trois hommes se lancent à l'assaut de la First Savings Bank, à Brooklyn. Armés et décidés, ils espèrent piller des coffres remplis de l'argent qui changera leur vie. Si l'un des malfrats préfère abandonner, Sonny et Sal parviennent à contraindre les employés de la banque à ouvrir le coffre. Mais celui-ci est quasiment vide. Saisis de stupeur, les deux complices n'ont plus d'autre choix que de maintenir le siège de la banque, la police ayant encerclé les lieux. Nul échappatoire possible, seuls leurs otages pourraient leur servir à sauver leur peau. A l'extérieur se pressent badauds et journalistes.
"Sidney Lumet se saisit d’une histoire vraie et offre à Al Pacino l’un de ses plus beaux rôles. Dog Day Afternoon est bien plus qu’un film à suspense basé sur un fait criminel à grand spectacle. C’est avant tout un constat social très juste sur l’Amérique des années 1970, sur ses marginaux et leurs aspirations sociales et morales, mais c'est aussi une charge violente contre la manipulation effectuée par les médias (surtout la télévision qui bouscule les concepts de véracité et de distance critique), ainsi qu’un drame humain particulièrement prenant. " DVDClassik
A BOUT DE COURSE
Etats-Unis – 1988 – 1h55
avec River Phoenix, Steven Hill et Lynne Thigpen
Danny, jeune homme de 17 ans, est le fils d'anciens militants contre la guerre du Vietnam. Ses parents Annie et Arthur Pope organisèrent un attentat à la bombe contre une fabrique de napalm. Un gardien meurt lors de l'explosion. Depuis, les Pope sont en fuite. Danny vit assez mal cette situation de mensonge et de dissimulation. Mais tout va basculer lors de sa rencontre avec Lorne Philips, la fille de son professeur de musique.
A bout de course est un thriller calme et posé, un road movie à hauteur d’homme qui donne du temps aux personnages et laisse l’intrigue se développer en profondeur. Sidney Lumet ne cherche jamais l’efficacité, comme en témoigne le tempo régulier sur lequel il construit son film, rejetant un montage syncopé pour privilégier cette lenteur seule capable de sédimenter tous les enjeux du récit. En œuvrant ainsi, il nous place dans l’intimité de ses personnages et nous fait ressentir de l’intérieur ce qu’est la vie de cette famille traquée. La peur, la fuite, la méfiance font partie du quotidien des Pope et Lumet a la grande intelligence de ne pas jouer la carte d'un suspense qui aurait dénaturé la nature profonde du film. C'est là toute la grandeur de Lumet, immense cinéaste qui n'a jamais ressenti le besoin de marquer ses réalisations d'une patte identifiable, de faire "auteur" et qui, humblement, s'est toujours mis au service de ses histoires et de ses personnages. Ce qui l'intéresse ici, c'est de nous faire partager la lassitude de cette famille, le poids des années, les utopies qui s'érodent, la peur de voir sa famille imploser alors qu'il faut sans cesse recommencer une nouvelle vie dans une nouvelle ville, sous une nouvelle identité.
Avec ce film profondément mélancolique, Sidney Lumet porte un regard lucide sur les conséquences des luttes des années 60 et 70 sur les nouvelles générations. Le cinéaste met en balance l’engagement politique et le sacrifice d’une famille, des enfants, un drame auquel tant de personnes ont été confrontées dans leurs vies de militants. Il raconte comment l'on devient victime de ses idéaux, comment à force de parler « d'équipe » au lieu de « famille » (terme trop bourgeois), on en vient à détruire ceux que l'on aime. Il raconte comment à force de mythifier le passé on en vient à interdire à ses enfants de s'inventer un avenir. Lumet parle de tout cela - et de bien plus encore - dans cette œuvre somptueuse et élégiaque dont chaque scène est comme un éclat brut de cinéma. Un chef-d'œuvre. DVDClassik
DANIEL
Etats-Unis – 1983 – 2h11
avec Timothy Hutton, Ellen Barkin et Amanda Plummer
Au milieu des années 50, Rochelle et Paul, communistes américains, ont été accusés d’espionnage au profit de l’URSS. Quinze ans plus tard, leur fille Susan devient militante politique. Son frère Daniel cherche à oublier. Mais, suite à un événement tragique, il doit se replonger dans l’histoire familiale...
Le film fonctionne sur une succession de flashbacks qui occupent près de la moitié du film ; et l'on passe sans cesse du présent de Daniel à ses souvenirs d'enfance. Ces allers-retours servent à nous faire ressentir combien le passé pèse sur la vie d'un homme, combien il influe sur ses actes, ses décisions, sa vision du monde, et ce même si l'individu est persuadé de vivre dans le présent et non sous l'emprise de ce qui est advenu il y a longtemps. Dans les premiers temps du film, Lumet marque les deux époques en donnant aux années 50 une couleur ambrée et en filmant tout ce qui se déroule dans les années 60 de manière réaliste. Mais petit à petit, discrètement, les deux univers visuels se rapprochent et ne font bientôt plus qu'un. Ce glissement esthétique incarne à l'écran l'idée de la filiation, de ce que l'on donne à ses enfants. Cette transmission, c'est à la fois ce qui permet de se construire en tant qu'individu mais aussi ce contre quoi il faut se lever pour pouvoir vivre et suivre sa propre voie. Le film est, comme Garbo Talks tourné l'année suivante, la quête d'un enfant qui veut comprendre ses parents. Au bout du chemin, il se rend compte que ses questions restent sans réponses mais que le chemin qu'il a parcouru est ce qui lui permet enfin de naître en tant qu'homme. On retrouve bien dans Daniel le thème central d'A bout de course ainsi que ce même regard plein d'empathie et de compréhension que porte le cinéaste sur les déclassés, sur tous ceux qui sont amenés à vivre à la marge de la société et souffrent des injustices.
Beau drame humain, Daniel est aussi un bouleversant plaidoyer contre la peine de mort. Pour préparer son film, Lumet a rencontré quatre gardiens qui ont assisté à l'exécution des époux Rosenberg et il a étudié le fonctionnement de la chaise électrique. Cette vérité documentaire participe à la force d'un film, comme y participent les magnifiques compositions d'Amanda Plummer et de Timothy Hutton. Certes naïf, parfois lourd dans ses effets, Daniel est une œuvre sincère et dont le profond humanisme provoque en nous une émotion vraie et durable. DVDClassik
CYCLE SIDNEY LUMET
de mai à fin août
dans 23 salles du réseau
Plestin les grèves, Le Douron
24 et 27 avril
Carhaix, Le Grand Bleu
2 mai
Etel, Cinéma La Rivière
4 mai
Guéméné sur Scorff, Ciné Roch
6 mai
Moëlan sur Mer, Le Kerfany
12 mai
Carantec, l’Etoile
13 mai
Questembert, L’Iris
24 et 26 mai
Arzon, La Locomotive
à dater
Belle île en Mer, Le Petit bal perdu
à dater
Callac, L’Argoat
à dater
Gourin, Le Jeanne d’Arc
à dater
Huelgoat, Arthus Ciné
à dater
Groix, Cinéma des Familles
à dater
Le Faouet, cinéma Ellé
à dater
Loudéac, Le Quai des images
à dater
Plougastel Daoulas, L’Image
à dater
Plougonvelin, Le Dauphin
à dater
Redon, Le Ciné Manivel
à dater
Saint Malo, Le Vauban – La Grande Passerelle
à dater
Saint Renan, Le Bretagne
à dater
Sarzeau, L'Hermine
à dater
Plestin les grèves, Le Douron
22 et 25 mai
Etel, Cinéma La Rivière
1 juin
Carhaix, Le Grand Bleu
6 juin
Moëlan sur Mer, Le Kerfany
9 juin
Carantec, l’Etoile
10 juin
Questembert, L’Iris
21 et 23 juin
Guéméné sur Scorff, Ciné Roch
15 juillet
Arzon, La Locomotive
à dater
Belle île en Mer, Le Petit bal perdu
à dater
Callac, Cinéma Argoat
à dater
Gourin, Le Jeanne d’Arc
à dater
Huelgoat, Arthus Ciné
à dater
Groix, Cinéma des Familles
à dater
Loudéac, Le Quai des images
à dater
Plougastel Daoulas, L’Image
à dater
Plougonvelin, Le Dauphin
à dater
Quimperlé, La Bobine
à dater
Redon, Le Ciné Manivel
à dater
Saint Malo, Le Vauban – La Grande Passerelle
à dater
Saint Renan, Le Bretagne
à dater
Sarzeau, L'Hermine
à dater
Plestin les grèves, Le Douron
5 et 8 juin
Guéméné sur Scorff, Ciné Roch
10 juin
Etel, Cinéma La Rivière
29 juin
Carhaix, Le Grand Bleu
4 juillet
Moëlan sur Mer, Le Kerfany
7 juillet
Questembert, L’Iris
26 et 28 juillet
Arzon, La Locomotive
à dater
Belle île en Mer, Le Petit bal perdu
à dater
Callac, Cinéma Argoat
à dater
Huelgoat, Arthus Ciné
à dater
Groix, Cinéma des Familles
à dater
Le Faouet, cinéma Ellé
à dater
Loudéac, Le Quai des images
à dater
Plougonvelin, Le Dauphin
à dater
Quimperlé, La Bobine
à dater
Redon, Le Ciné Manivel
à dater
Saint Brieuc, Le Club 6
à dater
Saint Malo, Le Vauban – La Grande Passerelle
à dater
Saint Renan, Le Bretagne
à dater
Sarzeau, L'Hermine
à dater
Carhaix, Le Grand Bleu
1 août
Moëlan sur Mer, Le Kerfany
11 août
Guéméné sur Scorff, Ciné Roch
12 août
Questembert, L’Iris
23 et 25 août
Etel, Cinéma La Rivière
31 août
Arzon, La Locomotive
à dater
Belle île en Mer, Le Petit bal perdu
à dater
Callac, Cinéma Argoat
à dater
Gourin, Le Jeanne d’Arc
à dater
Huelgoat, Arthus Ciné
à dater
Groix, Cinéma des Familles
à dater
Le Faouet, cinéma Ellé
à dater
Loudéac, Le Quai des images
à dater
Plougonvelin, Le Dauphin
à dater
Redon, Le Ciné Manivel
à dater
Saint Malo, Le Vauban – La Grande Passerelle
à dater
Saint Renan, Le Bretagne
à dater
Sarzeau, L'Hermine
à dater